RH, métier en pleine évolution !

RH, métier en pleine évolution !

Le métier RH est un métier chef d'orchestre qui évolue

Comment nous décrirais-tu ton métier Mélanie ?

Le métier RH c’est celui d’un chef d’orchestre. Il faut réconcilier les visions de différentes parties prenantes : les collaborateurs, les managers et la direction.

Nous sommes un rouage en arrière-plan qui fait avancer les sujets avec souvent un impératif : la confidentialité.

Les compétences d’un bon RH : sa capacité d’écoute et d’analyse de situations complexes. Vient ensuite sa capacité à accompagner le changement : faire grandir, fédérer et donner du sens. Il s’agit de construire une équipe.

Ce qui me semble le plus difficile c’est de permettre de partager une vision commune aux différentes parties prenantes alors que généralement les intérêts sont divergents.

Quel a été le chemin pour devenir ce chef d’orchestre RH ?

Avec un père, cadre dirigeant d’une grande entreprise, j’ai été confrontée très jeune aux problématiques financières opérationnelles et RH.

Je me suis très tôt forgée la conviction que la richesse humaine est un facteur de développement des entreprises et j’ai donc étudié la gestion des entreprises pour progressivement me spécialiser sur les RH en faisant l’IGS.

Comment vois-tu les RH aujourd’hui ? Qu’est-ce qui a changé ?

Cela fait maintenant 7 ans que je fais ce métier avec passion et je vois déjà des évolutions de fond. On peut parler d’un véritable passage de la gestion administrative du personnel à la gestion des RH. Ce métier de chef d’orchestre s’enrichit beaucoup et s’étend à des spécialités voisines :  la formation, le droit, la gestion sociale, la gestion des compétences, la paie, le recrutement… D’autres métiers comme le conseil et l’audit permettent également de compléter les plans d’actions RH de plus en plus complets.

La GRH est devenue plus que jamais un vecteur de réussite important dans les organisations. En effet, nous sommes acteur de l’accompagnement, de la productivité. De plus, nous sommes également devenus des commerciaux pour l’entreprise puisqu’il faut savoir la vendre pour recruter puis fidéliser.

Tout cela fait que ce n’est plus du tout le même métier.

Quand tu as pris ce poste, quels challenges as-tu dû relever ?

J’ai pris mon poste en plein pendant le premier confinement. Des conditions loin d’être idéales pour s’intégrer. J’ai donc expérimenté l’intégration à distance en me faisant connaître sans pouvoir se voir physiquement. J’ai pu petit à petit créer mon réseau et marquer mon identité auprès des collaborateurs. Je leur ai expliqué mon rôle et prouvé chaque jour ma valeur ajoutée en leur montrant concrètement comment je pouvais les aider. Mon management était surtout un management par objectif. C’était difficile de ressentir un sentiment d’appartenance dans ce contexte.  

Progressivement j’ai dû faire évoluer ma représentation de mon poste de responsable RH opérationnelle. J’ai accepté une nouvelle feuille de route : gérer un projet de réduction d’effectifs. Un projet d’entreprise différent de celui pour lequel je suis venue au départ. Avec en conséquence un travail de deuil qui en découlait.

Qu’est-ce que tu as appris sur toi ?

J’ai fortement sollicité mes capacités d’adaptation. J’ai dû également revoir ma vision du métier « être en contact et en proximité » ainsi que mes façons de travailler. Mon enjeu est devenu de créer de la confiance et de l’adhésion. En prenant du recul je me suis rendue compte que je savais m’y prendre autrement.

Je me suis également beaucoup documentée sur la résilience. Ce concept s’éclaire en le vivant : je fais mon chemin de résilience. Cela va sûrement m’aider à mieux accompagner les collaborateurs.

J’ai surtout découvert ma souplesse. Je ne me croyais pas capable d’accepter un scénario si différent de ce qui était prévu.

J’ai douté, je me suis posé beaucoup de questions et puis j’ai pris la décision de rester pour conduire cette mission. Je savais que je ne reviendrai pas en arrière à partir de ce moment-là.

J’ai alors pris conscience de la force du mental. J’ai pris les sujets à bras le corps, jour après jour. Et puis, j’ai commencé à percevoir les bénéfices de cette expérience si particulière et tout ce que j’allais apprendre à cette occasion.

Comment vois-tu la suite du cheminement dans ce métier de chef d’orchestre ?

C’est un chemin avec beaucoup d’opportunités d’apprentissage. Je m’ouvre à de nombreuses disciplines pour grandir dans mon métier notamment le coaching, la méditation, la sophrologie et l’accompagnement du changement.

Avec cette expérience, je vais développer beaucoup de savoir, des compétences opérationnelles notamment en ce qui concerne le fait d’aider à rebondir dans une situation difficile de séparation.

Ce cheminement est surtout l’occasion de mieux me connaitre et de gagner en crédibilité pour comprendre mes interlocuteurs dans ce qu’ils vivent et ainsi bien les accompagner. Jouer mieux encore mon métier de chef d’orchestre.

Crédit Image : Tumisu sur Pixabay 

Mélanie est responsable RH au sein d’une grande entreprise internationale de prestations informatiques auprès de grands comptes. Elle est basée à Toulouse, son périmètre d’action est la France. Elle nous raconte son métier, ses convictions, ses doutes.

1 Commentaire

  1. […] de partager au moins une chose que les personnes dans la salle ne savent pas déjà. J’ai interviewée une RH à propos des évolutions de son métier il y a peu. Ce concept est très bien […]

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