Manager : être empathique mais pas trop !

Manager : être empathique mais pas trop !

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Pour compléter mon post LinkedIn de cette semaine, voici avant le WE le partage de mon expérience de coach.

L’empathie c’est donc la capacité à comprendre autrui dans ce qu’il ressent. Parler de ses ressentis en entreprise n’est pas simple. Pour bien des personnes, dont beaucoup de dirigeants masculins, le domaine de l’affect n’a pas sa place en entreprise.

Pourtant je suis optimiste car je constate que le sujet des émotions est de moins en moins tabou.

L’empathie d’un point de vue scientifique

L’empathie est liée aux neurones miroirs. Cette notion est plutôt récente. Elle est, en effet, apparue dans les années 90 avec l’équipe de Giacomo Rizzolatti, directeur du département de neurosciences de la faculté de médecine de Parme. C’est lui qui a clairement identifié le rôle des neurones miroirs dans notre cerveau.

Ces neurones présentent une activité aussi bien lorsqu’un individu exécute une action que lorsqu’il observe un autre individu (en particulier de son espèce) exécuter la même action, ou même lorsqu’il imagine une telle action, d’où le terme miroir. Ainsi, ils sont notamment connus comme étant à l’origine du bâillement (effet communicatif) mais aussi du rire ou encore l’apprentissage social par imitation et enfin dans les processus affectifs tels que l’empathie.

Distinguer l’empathie perceptive et l’empathie cognitive

L’empathie perceptive consiste à ressentir l’émotion de l’autre grâce au neurones miroirs. Par exemple, lorsque l’on pleure devant un film triste ou dans des situations de deuil où l’on est touché par la tristesse de ses proches. Sachant que plus j’ai de désir pour l’autre plus je m’identifie. D’ailleurs, plus généralement, plus le lien est fort et plus je m’identifie, plus les neurones miroirs s’activent. J’ai ainsi tendance à développer plus d’empathie avec les personnes qui me ressemblent. C’est vrai dans la vie privée, c’est également vrai au travail.

L’empathie cognitive permet de comprendre l’émotion de l’autre au travers d’une représentation. C’est donc un mécanisme d’identification à l’autre. L’expression consacrée est « se mettre dans ses chaussures ».

Autant l’empathie cognitive est indispensable quand on manage car cela caractérise la qualité du lien, la force de la relation ; autant il faut essayer de se libérer de l’empathie perceptive qui nous fragilise d’un point de vue émotionnel du fait de la forte identification à l’autre. Ainsi les professionnels de l’écoute, médecins, psychologues, coachs doivent s’entraîner à se détacher et à court-circuiter leur empathie perceptive pour ne pas vivre l’intensité des émotions de leurs patients/clients.

Quand on en a pas assez ou trop…

Que de bonnes nouvelles ! L’empathie peut se développer. On peut aussi apprendre à ne pas se laisser submerger.

J’ai accompagné plusieurs managers qui me disaient manquer d’empathie (plutôt des hommes) et d’autres qui me disaient être parfois submergés par leurs émotions (plutôt des femmes). En fait, à l’origine de cette réalité correspond une représentation de type « si je montre mes émotions alors je vais paraître faible » d’un côté et une difficulté à court-circuiter l’émotion d’un autre côté que ce soit la tristesse ou même la culpabilité de ne pouvoir rien faire pour l’autre.

Dans les deux cas, cela se travaille. Première étape prendre conscience des problèmes que cela pose et trouver de la motivation à changer. Seconde étape trouver les terrains d’entrainement pour développer / canaliser son empathie.

Bien sûr on ne change pas totalement les gens, mais sur un an, j’ai pu voir les personnes évoluer et mieux gérer les situations critiques comme par exemple lorsque les collaborateurs viennent exprimer leurs problèmes personnels : trouver le juste dosage en se montrant attentif et concerné tout en restant à sa place de manager.

Et vous ? Vous en êtes où avec l’empathie ?

Crédit image : Gerd Altmann sur Pixabay 

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