Restez ouvert aux curieux !

Restez ouvert aux curieux !

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Le mécanisme de la curiosité

Dis maman Pourquoi ? Et pourquoi ?

Comprendre est la préoccupation première d’un enfant de 3 ans. Ainsi le nombre de pourquoi adressés à toute personne digne de confiance – donc généralement un adulte, de préférence le père ou la mère dont l’amour permet une patience infinie – atteint son sommet à cet âge. L’échange se termine généralement par un « eh bah c’est comme ça » après cinq ou six pourquoi qui se sont succédés ; une dizaine pour les plus entraînés à ce qui devient vite un jeu et vous allez comprendre pourquoi. Ces « pourquoi » et surtout les réponses apportées permettent à l’enfant de se construire et d’apprendre.

La curiosité et se questionner sur l’origine d’une chose est une force qui nous incite à explorer. En effet, la découverte d’une information nouvelle constitue en elle-même une satisfaction en activant dans le cerveau le circuit de la récompense (dopamine). Plus intéressant encore, cela se passe de manière anticipée : le simple fait de savoir que vous allez savoir excite vos circuits dopaminergiques et apporte ainsi sa propre récompense.

Les bienfaits de la curiosité

Ce que nous appelons curiosité est donc source de bien-être, permet d’organiser l’information et aussi de comprendre comment les concepts et les choses sont liés entre eux afin de mieux les mémoriser car ils font l’objet de toute notre attention.

Le piège du pourquoi

Pourtant, toute situation n’a pas forcément de sens ou d’explication. Le pire des contextes pour se poser cette question : la rupture amoureuse… et ça marche aussi pour la rupture professionnelle. Impossible d’avancer sans comprendre pourquoi, du moins sans se faire une représentation claire de raisons qui peuvent expliquer ce qui s’est passé, pourquoi les choses se sont détériorées. Néanmoins, même avec des explications claires, difficile de comprendre et d’intégrer lorsque l’on ne partage pas la décision notamment. Pour aller plus loin on pourrait du coup débattre de l’approche la plus pertinente entre la psychanalyse centrée sur le pourquoi et les pulsions et la thérapie cognitivo-comportementale centrée sur le comment aller mieux rapidement. Débat dans lequel je ne rentrerai pas, en tous cas pas aujourd’hui…

Le pourquoi ? suivi du pour quoi ? puis du comment ?

Voyons maintenant comment le pourquoi agit dans le monde professionnel. Nous sommes passés d’un mode de management où seule l’instruction comptait : l’époque du command and control, de l’exécution. Le besoin de sens des salariés se faisant de plus en plus grand, le pourquoi devient incontournable. Pourquoi se lever le matin ? Pourquoi cette décision ou cette nouvelle orientation ? Pourquoi ce projet ? Pourquoi ce manager ? Pourquoi changer ?

Le Pourquoi précède tout engagement, toute action.

Le management et les dirigeants sont donc soumis à la nécessité de donner du sens en permanence, expliquer, rationaliser, mettre en lien, défendre, argumenter. Un peu comme à la maison en évitant absolument le « et bah c’est comme ça ! ».

Le sens de l’action, c’est-à-dire le pourquoi, devient un préalable à la manière de faire, le fameux comment. Vient ensuite la raison, la justification, le but avec le pour quoi.

Les managers qui conduisent le changement doivent donc trouver les réponses à ces deux questions pourquoi ? et pour quoi ? Le comment se mettra en place naturellement.

Le leader porte le changement avec un temps d’avance

Etre un leader c’est porter la stratégie et permettre de la décliner au quotidien. Parfois les réponses au Pourquoi sont devenues si évidentes pour les dirigeants qu’ils ne prennent même plus le temps de les partager. Ce cheminement personnel vis-à-vis du changement que l’on porte est une étape incontournable avant de communiquer. C’est faire face à ses ambivalences et se préparer aux questions que tous vont se poser pour être en mesure de faire preuve de pédagogie. Car le changement a toujours le même effet sur les individus : on le veut et on ne le veut pas à la fois. La pire des choses pour les managers est d’éluder la question de son ambivalence sous prétexte qu’un manager est avant tout un bon soldat qui doit porter les orientations de sa direction.

C’est parce que je prends du recul et que je me pose toutes ces questions que je vais être en mesure de porter le changement avec conviction et détermination en mettant les vrais sujets sur la table. 

Ainsi l’une des premières compétences du manager ou du dirigeant qui porte le changement est d’être capable de prendre du recul et de se poser les questions de manière anticipée tout en restant connecté à la façon dont son équipe vit le changement.

Pas forcément évident de le faire seul, alors peut-être avec un collègue de confiance ou avec un coach. En tous cas pourquoi pas ?

Cet article a été en partie inspiré de mes lectures estivales Apprendre, Stanislas Dehaene pour en savoir plus pages voir pages 252-254

Crédit photo : Anna Shvets sur Pexels

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